jeudi 21 juillet 2016

La petite, sur le blog du petit carré jaune

Sabine Faulmeyer prévoit un été chaud ! Elle a invité une vingtaine d'auteurs à lui envoyer un texte...
Je lui envoyé un extrait d'un travail en cours... et important pour moi...

J’ai neuf ans. Dix peut-être. Devant le petit-déjeuner. C’est comme ça. Devant le petit-déjeuner. Tartines-pain-beurre-confiture. Fraise et moi petite. C’est dimanche ou mercredi. Jour sans école sans aucun doute. Ma mère parle. Elle raconte les histoires de son enfance. Ou celles de sa grand-mère et de son arrière-grand-mère aussi. Elle dit. Elle transmet. Mémoire de l’une à l’autre. Des unes aux autres. J’écoute. N’en perds pas une miette de petite fille. Ni de mes tartines ni de la mémoire renouée. J’écoute les vies d’autrefois. Enfance pain-maïs-sans-beurre-ni-confiture. Enfance de petits riens. Poupées en épis. Colliers de fleurs. Courses d’escargots ou de libellules. Les mouches auxquelles on enlève les ailes. Les veillées tard bien tard dans le soir à écouter les histoires. Ma mère parle de ces jours d’avant. Je l’imagine dans sa blouse de petite fille. Sabots aux pieds. Sabots de rien du tout. Avec sa tête de maintenant mais en plus petite. Je ne lui vois pas une autre tête que la sienne. Ma maman est maman depuis toujours. Elle me dit avoir été petite. Mais c’est moi qui le suis.

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mardi 19 mai 2015

Parution de S'il existe des fleurs

Sortie prévue pour le marché de la poésie, aux éditions de l'Arbre à Paroles..
Je serai en dédicace sur le stand de l'éditeur le vendredi 12 juin de 16 h à 17 h.

les animaux courent devant
pour ne pas être tués
aussi des hommes
courent autant
ils restent chauds
après leur dernier souffle




l’herbe pousse
ils s’enfoncent de plus en plus
s’effacent et se foncent dans leur fosse
nul ne se souvient de l’odeur des femmes


s’il existe des fleurs
qui se donnent au jour
crient sous le poids des soldats
devrions nous mourir le soir
ou bien fleurir des tombes



Des extraits sont parus dans la revue Osiris 76 en 2013.


Ils en parlent...

Claude Vercey dans l'I.D n°589 sur le site de Décharge Valérie Canat de Chizy sur Verre Menthe
Marie-Josée Desvigne dans son blog Philippe Leuckx dans la revue Texture
Patrice Maltaverne sur Chronique ta malle
Claude Vercey dans la revue Décharge, n°167 de septembre 2015
Sylvie Dubin sur Mobilis
Sanda Voïca dans Paysages Ecrits
Nicolas Rouzet dans Paysages Ecrits
Ritta Baddoura dans l'Orient Littéraire du 8 janvier 2016
Sabine Huynh dans La nouvelle quinzaine littéraire du 1er janvier 2016

Alain Boudet sur la toile de l'un
Florence Saint-Roch dans Décharge n°170


jeudi 2 avril 2015

Renée, en elle

Renée, en elle est paru en février 2015 aux éditions Henry

Renée, mon aïeule. Devrais-je lui dire que je l'aime ou est-ce autre chose? Elle m'attire, m'empêche de dormir. Je la sens, chaque nuit, passer son souffle sur mon corps. Elle reste, plus ou moins longtemps, à me regarder, à m'effleurer, puis elle finit par pleurer. Ses plaintes, tantôt murmures, tantôt minces sanglots, s'immiscent entre mes lèvres. Souvent, j'entends l'orage, la tempête se déchaîner avec éclairs, tonnerre, pluie battante, torrents,boue et sang.

Un entretien avec Christophe Jubien, suivi de quelques extraits sur la radio Grand Ciel

Ils en parlent...

Michel Baglin dans la revue Texture

Angèle Paoli sur Terres de femmes

Marie-Josée Desvignes sur le site Recours au poème

Philippe Maltaverne sur le blog Chronique ta malle

Lionel Clément sur le site L'ivre de lire

Sabine Huynh dans Lus un jour, aimés pour toujours, Terre à Ciel

Valérie Canat de Chizy dans Lus et approuvés, Terre à Ciel

Sabine Faumeyer sur son blog

Hervé Martin sur Incertain Regard

Isabelle Bonat-Luciani sur son blog

Sanda Voïca dans Paysages Ecrits

Aoulia dans Le Carnet d'Aoulia

Philippe Leuckx pour la revue Phoenix de mars 2015
Cécile Guivarch, revuiste (le beau site TERRE A CIEL) et poète (un beau livret à l’Arbre à paroles, « Un petit peu d’herbes et des bruits d’amour »), consigne ici, dans ce récit vraiment poignant une recherche et une ferveur. Dans sa volonté d’étreindre ses racines familiales et féminines, l’auteur a entrepris une quête généalogique pour retrouver cette aïeule bretonne, qui a vécu dans les années 1816, et dont elle restitue proprement voix, usages, vie. Qui était « la mère du père de l’arrière-grand-père de mon père », détaille-t-elle, page 44.
D’avoir renoué ainsi avec ses origines lui donne de véritables ailes romanesques pour conter l’irracontable d’une condition : l’ancêtre lui est proche comme une présence dans une chambre et elle lui parle. L’apostrophe « Renée » prend en elle ampleur et nécessité, écriture et densité ; elle rédige dès lors un triple récit qui juxtapose l’histoire, le témoignage en « je » de l’ancêtre et les réflexions en « je » de la bénéficiaire, en bout de ligne, d’une mémoire. Ce point de vue démultiplié nuance encore plus le parcours atypique d’une voix dont plus personne ne parlerait. Il y a ainsi, chez Guivarch, une volonté de s’ancrer dans une « tradition » littéraire des voix perdues et qu’il faut, coûte que coûte, sauver de l’oubli : il y a là de la Sylvestre (« Voix de mes aïeules », de l’Ernaux (« L’autre fille »), de l’Assia Djebar (« Ces voix (féminines, j’ajoute) qui m’assiègent »). On pourrait avoir plus médiocres « liaisons » littéraires.
La vie de Renée ressemble à un grand cimetière, d’enfants qui n’ont pas passé le bas âge, de morts qui rôdent. Et pourtant, elle en a conservé des vivants. Son univers ? « Son enfance a été entourée de champs ». « Sa maison…comprenait une unique pièce d’habitation ».
Le portrait parcellaire, s’enrichit et l’écrivain d’aujourd’hui, en dépit de ses recherches, consigne : « Ce qu’il y a avec Renée, c’est qu’elle me vient toute en morceaux, tessons de mosaïques », tout en précisant qu’elle « s’évertue à redonner à Renée, de vraies couleurs ».
Couleurs de l’émoi, du sentiment filial profond et contenu : quelle sobriété, quelle économie de moyens pour dire cet effarant amour pour l’anonyme figure chérie ! La jeune femme de 2015 rameute les pauvres faits et gestes d’alors : la misère, le froid, les fêtes menues, les codes…
Le texte, complexe toutefois par sa richesse, par l’emploi de diverses voix qui le trament, rend vive la reconnaissance d’un passé qui semble lointain, et très proche par le c(h)oeur des choses qui se nouent, s’énoncent : il y a le « je » de l’énonciation fictive et poétique (« Parfois, quand je regarde par la fenêtre, quelque chose se passe. Je ne saurai le définir ») ; il y a la voix d’outre-tombe (« Je suis morte contre un mur de pierre …j’ai crié pour leur demander pardon ») ; il y a l’histoire qui s’impose, quasi factuelle, quasi ignorante (« Tout le monde a fait comme si Renée n’avait jamais existé »). On sort de cette lecture d’un livre qu’on voudrait garder comme « notre livre de chevet des enfances enfouies » (petit vers qui me vient comme ça), tant il nous noue la gorge, nous la serre jusqu’à devoir affronter les sans-voix d’hier que l’on brisait, à coups de violence et d’ingratitude sociales. Les « pauvres gens » dont parlait Ferré, oubliées de l’histoire, des familles, qu’une voix poétique d’aujourd’hui ressuscite avec grâce et émotion.
Un miracle de petit livre.
Inoubliable.

Jacmo, in Décharge, n°166

Christian Degoutte in la revue Verso

à « Ce qu’il y a avec Renée, c’est qu’elle me vient toute en morceaux…Je les assemble et tente de les harmoniser. Je m’évertue à redonner à Renée de vraies couleurs» in RENEE, EN ELLE. Cécile Guivarch, dans ce nouveau livre, comme elle l’a fait pour ses parents d’Espagne, poursuit l’autobiographie de son passé (si je peux dire) pour connaître l’authenticité de son être présent. C’est vraiment une des originalités de Cécile Guivarch que de mêler, dans son récit, l’enquête, quasi policière, qu’elle mène sur les traces de son ancêtre, la vie reconstituée de cette ancêtre et la sienne. D’exprimer dans sa vie d’aujourd’hui les souffrances, les espérances de cette femme qui, parmi d’autres, a fait son sang « Renée, cette nuit je l’ai prise dans mes bras, elle sanglotait comme un petit enfant, blottie contre moi. J’ai essuyé ses larmes… ». Renée est une de ses branches bretonnes « je ne comprends pas sa langue ». Renée est morte à Quimper en 1817. « Renée est née parmi les morts. » à une époque où tant d’enfants meurent si près de leur naissance. « Certaines de ses filles, certains de ses garçons sont morts en grandissant, emportés par la maladie, le froid, la faim ou un accident malencontreux. J’entends parfois dans mes rêves l’un d’eux crier au fond d’un puits, presque un adolescent, peut-être le premier Jean, remplacé par un second du même prénom. Puis ce sont poursuivies les naissances jusqu’à ce que l’on m’enfante, moi aussi ». Un livre passionnant, par son côté enquête (voyez comme je suis habile, je ne vous en ai rien dit du « romanesque » de la vie de Renée). Un livre poignant par la précision de la vie reconstituée de Renée, les aspects terribles de la condition fémmine. Un livre émouvant par la netteté des sentiments, des troubles exprimés par Cécile Guivarch.

RENEE, EN ELLE (60 p, 10 € - éd Henry Parc d’Activités de Campigneulles 62180 Montreuil-sur-Mer www.editionshenry.com )

Estelle Fenzy in la revue Europe;


Le bruit des abeilles

Le bruit des abeilles co-écrit avec Valérie Canat de Chizy est paru en 2014 aux éditions La porte.

Ils en parlent...

Sabine Huynh, sur le site de Terre à Ciel

Marilyne Bertoncini, sur le site La Cause littéraire

Isabelle Lévesque, sur le site Recours au Poème

Jeanpyer Poëls dans la revue Europe

Murielle Compère-Demarcy sur son blog

mardi 22 juillet 2014

36 choses à faire avant de mourir

Pré#carré est un sérial éditeur, si vous ne le saviez pas, et bien voilà comment il s’y prend ! Hervé Bougel demande à au moins 37 personnes de faire la liste des 36 choses à faire avant de mourir. Les auteurs jouent le jeu. Quelques temps plus tard, chacun reçoit dans sa boîte une pochette avec les 36 choses qui tuent de chacun des 37. Petits fascicules de toutes les couleurs, car quoi qu’il en soit personne n’a vraiment envie de mourir, donc autant opter pour du papier coloré et des mots à la fois drôles, poétiques ou touchants. Je me suis amusée à refaire une liste en piochant dans chacune d’elles, en voici donc une dernière mais de 37 choses, Mr Bougel !
lire la suite sur Terre à Ciel.

Regarde comme elle est belle

Vient de paraître Regarde comme elle est belle, aux éditions du petit flou.

elle a son tailleur du dimanche
sa broche sa montre en or

on a toujours refusé de voir un mort
et nous y voilà devant l'aïeule
regarde comme elle est belle


Pour le commander :
Il suffit d'envoyer un chèque de 10 euros à:

Editions du Petit Flou
le village de Blandine...
19380 Saint-Bonnet-Elvert

(chèque à l'ordre de : LE GRAAL / MAISON DES ECRITURES)
Le port est offert.

samedi 15 février 2014

Femmes, (j')écriture en cours

Depuis quelques mois, j'amasse des photos de femmes au travail, je regarde des albums photos, je lis des livres sur le sujet, etc. les femmes au travail, d'avant et d'aujourd'hui...

Voici un aperçu des poèmes inspirés de ces photos...

*

ces gestes qu'elles ont de tirer sur les draps
tapent et reforment les oreillers
leurs mains pliées dans le coton
les lits faits au carré

elles ont tout appris de leurs mères
elles recommencent chaque matin
défroisser les nuits pour amener le jour



 *

il y a ces moments de rire
et pas seulement de travail

complicités dans un champ de blé
un monastère l'usine ou l'hôpital

dans le fond c'est partout pareil



toute la vie portent les femmes

les enfants s’apprêtent à sortir
elles disent et voilà le travail 

toute la vie dans leur ventre
et la peur et l’angoisse

quelques gouttes de sang
l’eau qui coule à torrent

toute la vie dans leur chair

le mot femme contient ça
Petites nouvelles, les dernières apparitions, ici ou là...

Un poème dans l'anthologie en ligne de Terres de Femmes : Ma grand-mère avait beaucoup de clés

Deux petits livres  contenant chacun un de mes poèmes traduit en galicien (Espagne) par Emilio Araúxo, aux éditions Amastra-n-gallar (billingue)



En plus de la Galice, mes poèmes ont voyagé aussi à La Havane, où Laurence Breysse-Chanet a lu quelques-uns de mes textes. Dans un courriel à son retour, elle me confie "Tes poèmes à la Havane, ce fut une grande émotion"

La revue N47 dans son numéro 25 m'a consacré plusieurs pages dans la rubrique Grand format, avec une photo de Michel Durigneux et une présentation de Christian Vogels

Amandine Marembert, dans la revue Contre-Allées, n°33|34 a chroniqué Un petit peu d'herbes et des bruits d'amour, ainsi que Du soleil dans les orteils.

Eric Pessan dans le numéro Encres de Loire de décembre 2013 a chronique Vous êtes mes aïeux

Et puis il y a eu aussi des critiques sur le web :

- Un petit peu d'herbes et des bruits d'amour
par Matthieu Gosztola sur La cause littéraire
par Hervé Martin sur Incertain Regard
par Sanda Voïca dans la revue Paysages Ecrits d'Octobre 2013 



- Vous êtes mes aïeux
par Gérard Cartier sur Terres de femmes
par Valérie Canat de Chizy sur Verre menthe
par Chantal Dupuy Dunier sur Texture
par Yohan sur Biblioblog

mardi 5 novembre 2013

Ecrits du Nord 23-24

Échanges entre Max Alhau et Jean-Louis Rambour, Bernard Bourel et Arlette Chaumorcel, Judith Chavanne et Jean-Marc Sourdillon, Christian Degoutte et Anna Jouy, Pierre Dhainaut et Sylvie Fabre G., Rémi Faye et Werner Lambersy, Romain Fustier et Cécile Glasman, Luce Guilbaud et Marie Huot, Cécile Guivarch et Amandine Marembert, Gilles de Obaldia et Jean-Christophe Ribeyre, Étienne Paulin et Jean-Baptiste Pedini, Carmen et Marie V.
Poèmes de Denitza Bantcheva, Catherine Boudet, Daniel Brochard, Marie-Anne Bruch, Henri Chevignard, Colette Daviles-Estinès, Jean-Jacques Dorio, Rocio Duran-Barba, Yves Ellien, Fabrice Farre, Hubert Fréalle, Nicolas Gille, Matthieu Hilfiger, Kiko, Martine-Gabrielle Konorski, Michel Lamart, Christophe Laventure, Jean-Luc Le Cléac’h, Fanny Lermin, Georges Mathieu de la Serve, Hervé Merlot, Yann Mirallès, Martine Morillon-Carreau, Gauthier Nabavian, Sabine Normand, Patricia Paul, Jean-Baptiste Pedini, Franck Reinnaz, Nicolas Rouzet, Ketty Steward, Jasmine Viguier, Patrick Werstink,
Nouvelles et récits de Vincent Brunel, Françoise Caillaux, Rodolphe Houllé, Constantin Kaïtéris, Laurence Paton
couverture : Isabelle Clement

dimanche 3 novembre 2013

I.D N°474 sur Décharge

et bien, faire l'objet de l'I.D n°474 sur le site de Décharge (Claude Vercey) et bien cela fait grand plaisir...

C'est à lire  ici : http://www.dechargelarevue.com/id/?art=570