vendredi 16 août 2013

Un petit peu d'herbes et des bruits d'amour

Un petit peu d'herbes et des bruits d'amour est paru en 2013 aux éditions L'Arbre à paroles.
Livre sur fond de guerre civile, franquisme, exil, abandon et pardon.


Ces poèmes ont été écrits après qu’elle ait acquis la nationalité espagnole, suite à la « ley de la memoria » (loi de la mémoire), qui a permis à tous les descendants d’exilés espagnols de récupérer cette nationalité. Entre l’Espagne (en particulier la Galicie), Cuba, l’Argentine, la Bretagne (d’où vient son nom) et la Normandie (où elle est née), elle se sent déracinée. Dans ces textes, sur fond de guerre civile, de pauvreté, et d’exil, elle fouille la vie de ses ancêtres, tente de comprendre ce qui a motivé leurs choix et peut ainsi pardonner tous les abandons (l’abandon forcé par l’exil, mais d’abord l’abandon d’une enfant par son père fuyant le franquisme vers Cuba, et puis tous les autres abandons dans l’Espagne devenue « là-bas »). Elle cherche des bribes du vécu dans les récits de ses ascendants, les photos en noir et blanc, les lettres de famille aux écritures anciennes. Dans un rythme très contemporain, avec des mots sensibles et drus, elle découvre le mystère des vies simples disparues et mêle la vérité de ses ressentis avec les cheminements qu’ont pu avoir ses ancêtres. Avec une syntaxe bousculée, cahotant entre les détails du quotidien de l’époque et des images tendres ou rudes, avec des expressions en espagnol quand il est nécessaire que la voix roule dans sa musique d’origine, elle ne garde que l’évocation, l’essentiel. Nous rejoignant profondément par les archétypes, sa poésie est poignante de ces nouages.

Extraits



son cœur qui oscille
entre droite et gauche
que tellement ça bouge
(son sourire ses yeux à laisser le cœur chavirer)

bonheur dans un champ
ou dans un tas de paille

son poème elle s’en souvient longtemps
les mots reviennent toujours
ils se réduisent à pas grand-chose
un petit peu d’herbe et des bruits d’amour






elle met des champs dans son bouquet
ferme la fenêtre que les mots ne s’envolent

elle murmure les personnes disparues à la lune
ce qu’elles avaient d’eau dans les yeux





n’est pas revenu de guerre
jeune à jamais
cheveux lissés noirs et blancs
on dit de sa mère
qu’elle a un trou dans la poitrine


Ils en parlent



Hervé Martin sur Ici & là ou Incertain Regard
Philippe Leuckx, revue Texture
Sanda Voïca dans la revue Paysages Ecrits d'Octobre 2013 :
https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/
Claude Vercey sur le site de Décharge
Amandine Marembert, dans la revue Contre-Allées, n°33|34

Matthieu Gosztola sur La cause littéraire
Jacmo dans Décharge (la revue papier)



Ghislaine Lejard sur son blog


Une histoire humaine de terre et d’amour, de peines et de joies. Une histoire de famille, de trahison et d’abandon. Au bout du chemin, comme au début, une petite fille pour la résilience et le pardon ; avec les mots de la poésie pour livrer ce qui a été trop longtemps gardé dans le cœur, des images de guerre, mais aussi d’oiseaux… pour aller plus loin, au-delà de la peine, sans jamais oublier le pays, aux paysages d’herbe qu’on ne sent plus, mais, un pays d’où viennent encore bien « des bruits d’amour ». Cécile Guivarch rend un magnifique hommage à ces ancêtres dont « l’histoire ne s’efface pas », une histoire à revivre par elle qui « se lève à l’autre bout d’elle-même… » pour commencer « son livre par la fin ». G.L

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